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> Instruments > Archet

Le mot « archet » dérive de l'arc. Sa forme initiale était en effet celle d'un arc à simple courbure, de petite taille. Initialement, les archets étaient fabriqués dans les ateliers des luthiers, probablement par les apprentis, et ne devint une activité à part entière qu'à partir du milieu du XVIIème siècle. C'est pourquoi il nous est aujourd'hui impossible de connaître l'identité de la majorité des archetiers du dix-huitième siècle et de la totalité de ceux du dix-septième, qui reste pratiquement inconnue. Il existe cependant un classement des archets anciens par tendances et par périodes. La plupart des types d'archet couramment utilisés alors sont désignés aujourd'hui par le nom des violonistes célèbres qui les ont utilisés.

Jusqu'au début du XVIIIème siècle, la plupart des archets ont une tête fine et une hausse élevée. Ce sont les archets que nous appelons aujourd'hui baroques. Ainsi la baguette et la mèche se rapprochent vers la pointe et forment un angle très fermé, et elle supporte peu de tension. Lorsque le musicien la tend, la baguette est droite ou convexe (à l'inverse des baguettes actuelles.) Ces archets se tiennent avec la main en avant de la hausse. Les bois utilisés sont variés : essences européennes ou exotiques, bois résineux plus tendres ou feuillus plus durs. Certaines baguettes sont cannelées et ont donc une rigidité plus importante. La forme de la tête et de la hausse ainsi que la souplesse de la baguette donnent au coup d'archet une attaque très douce.

A partir du milieu du XVIIIème siècle l'archèterie devient un métier à part entière. Les archetiers signent leurs baguettes. Les archetiers font évoluer peu à peu les formes de l'archet pour lui donner une apparence très proche de l'archet moderne actuel. Peu à peu, la tension dans la baguette augmente, il faut donc augmenter l'épaisseur de la mèche (donc le nombre de crins), d'autant que le nouveau système de mécanique à vis apparaît au niveau de la hausse pour donner une amplitude de réglage plus grande.

Tout est donc maintenant en place pour que l'archetier Français Tourte puisse lancer sa révolution en devenant rchetier en 1774. C'est à Paris qu'a été mis au point, dans la dernière partie du XVIIIème siècle, l'archet tel que nous l'utilisons aujourd'hui.

 

François-Xavier Tourte (1747-1835) était à l'origine horloger. On le surnomme le Stradivarius de l'archet parce que, à la manière du grand luthier italien, il a voué sa vie à la recherche de la perfection, à l'expérimentation des formes et des matières les plus à même de faire un bon archet. Dès 1782, il avait établi les principes suivants :

 

- l'utilisation du bois de pernambouc, essence Brésilienne. Après de nombreux essais, il constata que son rapport ridigité-poids surpassait celui des autres matériaux. Il pouvait donc fabriquer des baguettes très dures (rigides) dotées d'un poids relativement peu élevé.

- la fabrication de baguettes droites, courbée par la suite au-dessus d'une flamme. Cela permet de garder la continuité des fibres du bois et d'optimiser la rigidité et le poids. Par la même occasion, le risque de cassure de la baguette s'en trouve diminué.

- la détermination d'un profil idéal de la baguette permet d'améliorer le son et les caractéristiques de jeu des archets ; le profil concave de la baguette, son léger amincissement depuis le talon, puis plus nettement jusqu'à la pointe. Pour optimiser l'équilibre, il utilisa des pièces de métal à la place de pièces en ivoire ou en os, ce qui en plus renforçaient les endroits fragiles souvent victimes de fêlures (bouton, garniture).

- enfin l'optimisation la mèche et de son attache sur la baguette : pour cela il inventa le passant, le taquet (qui permet d'avoir une mèche plate)

La mèche d'un archet est constitué de crin de la queue d'un étalon (celui de la jument est abîmé par l'urine) blanc dans la plupart des cas, parfois noir (par exemple pour certains archets de contrebasse)

 

Les archets ont peu évolué jusqu'à aujourd'hui. Il est à noter que l'apparition récente de nouveaux matériaux comme la fibre de carbone ont apporté un certain renouveau au métier : le carbone est très léger et très rigide…

 





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